La startup Lily Robotics échoue à livrer son drone après avoir levé 34 millions de dollars

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Une poursuite judiciaire est en cours.

Lily Robotics, une startup californienne basée à San Francisco a annoncé jeudi qu’elle va fermer les portes. L’entreprise avait récolté 34 millions de dollars après avoir dévoilé en mai 2015 un quadriptère. Le projet a connu un vif succès sur le web et a reçu 60 000 précommandes. Dans un email envoyé aux clients, la startup a annoncé qu’elle est incapable de lever des fonds supplémentaires pour lancer la phase de production, pour cette raison, elle va mettre un terme au projet. Elle a néanmoins rassuré que les clients qui ont effectué la précommande seront remboursés. Une source a informé que les dirigeants de Lily Robotics ont essayé de lever 15 millions de dollars supplémentaires après avoir réussi à sécuriser 15 millions en décembre 2015.Dans un email envoyé aux clients, on peut lire : « Nous étions en course contre la montre en raison des fonds en constante diminution », ont écrit Antoine Balaresque et Henry Bradlow, fondateurs de Lily Robotics. « Durant les quelques derniers mois, nous avons essayé de sécuriser le financement afin d’entrer dans la phase de production et livrer nos premières unités, mais nous n’avons pas réussi à faire cela. En conséquence, nous sommes profondément attristés de vous informer qu’on va liquider l’entreprise et offrir des remboursements aux clients. »

Lily a été l’un des premiers drones à caméra assistés par IA à être annoncé au public, il avait pour objectif de révolutionner l’industrie des drones personnels. Mais avant que Lily ne puisse entrer en production, d’autres drones ont réussi à lever le pari et sont entrés sur le marché. DJI avait déjà développé des modes de vol autonomes pour ses drones Phantom et Inspire (et maintenant Mavic), qui sont considérés comme les trois meilleurs drones sur le marché. Si l’entreprise n’a pas réussi à livrer les quantités nécessaires, elle a néanmoins été en mesure de produire des prototypes et a même lancé un programme de test pour que les clients puissent tester les drones dans la nature. Ces avancées ont été partagées par la startup dans le cadre d’un calendrier qui montrait que la production en masse devait commencer vers mi-novembre 2016 pour que les premières livraisons puissent être effectuées avant mi-décembre. Mais il apparait que l’entreprise a décidé de mettre un terme au projet, estimant qu’il n’était plus envisageable de pousser la date de production sans les fonds nécessaires pour lancer ce processus.
Les cofondateurs de la start-up, Henry Bradlow et le français Antoine Balaresque, expliquent qu’ils sont tout simplement à court d’argent, les couts de recherche et développement ont eu raison de la trésorerie. Dans un email envoyé aux clients, la startup les a informés qu’ils recevront un remboursement automatique dans les prochains 60 jours, du moment que leurs cartes bancaires n’ont pas encore expiré. Les autres devront remplir un formulaire spécial pour recevoir le remboursement.Une poursuite judiciaire en coursJeudi dernier, alors que Lily Robotics a annoncé qu’elle va fermer ses portes, le procureur de district à San Francisco George Gascon a accusé formellement l’entreprise d’avoir eu recours à une publicité mensongère et des pratiques trompeuses. L’entreprise de son côté a fait savoir que sa direction et l’ensemble des effectifs étaient au courant des investigations du procureur depuis plusieurs mois.Dans une vidéo promotionnelle publiée en mai 2015 sur YouTube, Lily Robotics a montré un drone prometteur, capable de suivre l’utilisateur à la trace pendant 20 minutes grâce à son GPS et un bracelet porté par le propriétaire. Le drone pouvait filmer en 1080p et à 60 FPS, il était également résistant à l’eau et à la poussière. Après avoir repoussé la date de livraison plusieurs fois, Lily Robotics a échoué de répondre à la précommande de 60 000 clients, selon les documents de la poursuite judiciaire lancée contre la startup ce jeudi.Les enjeux pour la startup sont élevés puisqu’elle pourrait encourir une amende s’élevant à plus de cent-millions de dollars, selon la décision du juge lors du procès. L’entreprise a également violé le code de commerce au niveau de deux points, ce qui l’expose à une amende de 2500 dollars par violation. Il ne faut pas oublier aussi que 60 000 clients seront surement déçus après la décision de Lily Robotics.La poursuite judiciaire met l’accent sur la vidéo promotionnelle publiée par l’entreprise, et assure que Lily Robotics a volontairement trompé les clients en clamant que l’enregistrement de la vidéo a été effectué par un drone prototype de Lily. « En réalité, rien de la vidéo promotionnelle n’a été filmée par une caméra de Lily », peut-on lire dans le document de la poursuite. « L’enregistrement POV utilisé dans la vidéo promotionnelle a été filmé avec une caméra professionnelle d’un drone appelé DJI Inspire ».Les prototypes de Lily Camera qu’on voit sur la vidéo ont été capables de filmer des scènes grâce à des caméras Go-Pro montées sur eux, a informé le procureur. En effet, il cite un email envoyé par le cofondateur de la startup Antoine Balaresque en février 2015. Il avait demandé au réalisateur de la vidéo de camoufler la source réelle de l’enregistrement qui sera attribuée au prototype de Lily Camera. « Pour les clips VFL [View from Lily], on va utiliser une Go-Pro montée sur un prototype de Lily », peut-on lire dans l’email. « Cependant on n’est pas enclins à informer les gens qu’ils ont besoin d’une Go-pro. Pouvez-vous modifier l’image en postproduction pour que les gens ne puissent pas savoir qu’elle a été prise avec une Go-Pro ?… », Balaresque aurait également exprimé des préoccupations, notamment par crainte que des “geeks de lentilles” puissent révéler la ruse.Les pratiques commerciales de l’entreprise suggèrent qu’elle était dans l’incapacité de répondre à ses promesses aux clients dès le début de ses opérations. Selon un témoin cité par le complaignant, le système de commande en ligne mis en place par la startup a omis de demander les adresses de livraison pour réduire toute friction. Au lieu de cela, il a enregistré seulement les adresses électroniques et les numéros des cartes bancaires.Lily Robotics n’est pas la première startup de drones à tomber dans l’eau, l’année dernière, un journaliste au nom de Mark Harris avait publié l’histoire de l’entreprise basée à Wales qui avait réussi à lever 3,4 millions de dollars (à ce jour, le projet européen le plus financé sur la plateforme) pour lancer la production d’un drone nommé Zano. Néanmoins, la startup avait été contrainte d’arrêter brusquement le projet. Le journaliste avait été recruté par Kickstarter pour élucider les causes de l’échec de Torquing Group à répondre à ses promesses. Après l’enquête, il en a conclu que leur échec a été dû en grande partie à l’incompétence et non pas une faute de temps ou d’argent. Les échecs comme ceux-ci ne vont certainement pas faciliter la tâche aux futures startups qui chercheront à s’investir dans ce segment, elles auront surement plus de mal à persuader des adopteurs précoces et des bailleurs en ligne.

Source : Forbes – plainte(document)

 

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